16/12/2018

Verts et CPEG: objectif, sauver les rentes !

Alors que certains s'amusent manifestement à nous chercher des poux, je pense qu'il est temps de rétablir certaines vérités sur les votes des Verts lors de la dernière séance du Grand Conseil.


Petit rappel des faits: si, au 30 juin 2019, une loi prévoyant un plan de refinancement de la Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG) n'est pas entrée en force, les mesures d'assainissement, elles, entreront en vigueur le 1er janvier 2020. Cela signifie moins 10% sur les nouvelles rentes versées. "Une loi en force" cela signifie épurée d'un délai référendaire, d'éventuels référendum et votation populaire, et d'éventuelles recours. Les fonctionnaires sont inquiets et à raison. D'autant que les futures retraités sont, d'ors et déjà, énormément lésés par rapport à leurs prédécesseurs : depuis 2013, le niveau des rentes a baissé de 17%.

Ce vendredi 14 décembre représentait l'ultime délai pour adopter une loi au Grand Conseil.

Face à cette situation alarmante, ce Grand Conseil, une fois de plus, a été incapable de trouver un consensus large pour faire aboutir une réforme indispensable pour notre canton. Et on le sait, sans consensus, une  réforme de cette ampleur - on parle d'injecter plus 4 milliards dans la caisse de pension- risque gros devant le peuple. Cette posture tant à droite qu'à gauche est irresponsable. Pour notre part, nous avons donc pris nos responsabilités. 

Tout d'abord en acceptant le projet de loi de la gauche. Il était en outre soutenu par le Cartel intersyndical et il nous importait donc de voter.

Mais la droite a juré sa perte et laisser ce projet seul affronter les urnes nous paraissaient extrêmement risqué. Certains le souhaitaient, mais pas nous: il est inacceptable de jouer les rentes de la fonction publique au poker.

S'en est donc suivi le traitement du projet de loi du Conseil d'Etat. Ce dernier, ayant corrigé les défauts de la précédente version, présentait un projet avec quelques atouts. Dont un auquel les Verts ne peuvent rester insensible: la durabilité.

En effet, le projet de loi du Conseil d’Etat se base sur des rendement de fortune bas. Pour les Verts, cela est sain, car, à l’inverse, un système de retraite basé sur des rendements élevés signifie que les rentes dépendent d’une exploitation maximale des ressources naturelles, comme des travailleurs. Nous ne sommes plus dans les trente glorieuses et baser la santé des retraites sur un capitalisme triomphant est suicidaire. En tenant compte de cette réalité, le Conseil d'Etat a fait preuve de sagesse à saluer. Mais l'augmentation de l'effort de cotisation des employés, conjuguée à une légère baisse de rente escomptée, ont plombé ce projet: raison pour laquelle Les Verts se sont abstenus.

Le résultat est connu, deux projets, incompatibles, ont été acceptés. Cela laisse une marge de manœuvre pour trouver une solution d'ici le 30 juin. Tout cela finira peut-être dans les urnes et ce n'est pas plus mal, chacun défendra son projet et le peuple, souverain, tranchera. D'ici là, tous les scénarios sont ouverts et la seule certitude qui émerge de ce vote du parlement, c'est que l'on s'est éloigné du chaos. Certains parlent du danger d'un double oui populaire, pour notre part, nous étions infiniment plus inquiets par le scénario du simple non. Nous avons donc gardé notre ligne: maximiser les chances de sauver les rentes des futures retraités de la fonction publique

 

Mathias Buschbeck
Chef de groupe des Verts au Grand Conseil

 

 

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