24/09/2018

La législature 2018-2023 doit être celle du vélo

La dernière législature a été noire pour les amis de la petite reine. Et pourtant, la volonté populaire en matière de promotion du vélo avait été claire : le 15 mai 2011, la population genevoise acceptait l’initiative « Pour la mobilité douce » qui devait donner au vélo la place qu’il mérite dans une ville moderne en demandant la réalisation de « pistes cyclables continues et sécurisées pour tout le réseau routier primaire et secondaire ».


Malheureusement, autant au Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat, la volonté a cruellement manqué pour mettre en œuvre cette initiative. Le 5 juin 2016, rebelote, le peuple plébiscite la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée qui demande notamment « un réseau cyclable structuré, continu et sécurisé couvrant l’ensemble du territoire de l’agglomération » et un centre-ville où « des axes sont aménagés de façon à favoriser la circulation des vélos ». Toujours sans effet sur des autorités d’une passivité coupable. Face à ce constat d’échec, le corps électoral a donc choisi de changer les acteurs et le résultat permet de belles espérances. Premièrement, les partis qui ont lancés l’initiative pour la mobilité douce sont désormais majoritaires au parlement, à eux (à nous !) de déposer et de défendre les crédits pour la réalisation d’un réseau cyclable ambitieux à Genève. Deuxièmement, le ministre en charge des transports a changé. Les effets d’annonce et la vision passéiste de Luc Barthassat ont fini par lasser et les cyclistes placent de grands espoirs dans la nomination Serge Dal Busco à la tête de la mobilité. Le chemin est pourtant encore long et parsemé d’embuches. Pour preuve, par exemple, le discours de Saint-Pierre du nouveau Conseil d’Etat : si celui-ci est résolument tourné vers une mobilité d’avenir faisant une large place au développement des transports publics, détaillant par le menu l’ensemble des projets à faire aboutir dans les 5 ans à venir, le vélo n’y est mentionné que de façon très allusive. Cela témoigne d’une vision pour le moins inquiétante. En effet, et même si beaucoup reste à faire, les transports publics ont déjà connus un fort développement au début des années 2000 qui a permis une importante augmentation de leur utilisation, notamment par la réalisation d’un réseau des trams performants. La population pouvait enfin adopter un mode de transport moins polluant. Par contre, le vélo, lui, attend toujours des investissements conséquents. Si le réseau des bandes cyclables s’est étendu, circuler à vélo à Genève témoigne toujours du parcours du combattant. Résultat : la part modale du vélo plafonne péniblement à 6% contre 12% actuellement à Zurich, sans parler de Copenhague ou Amsterdam où la part de la bicyclette frôle les 50%. Nous ne pouvons plus nous contenter de quelques coups de peinture pour nous frayer un chemin entre des piétons courroucés, des véhicules mal garés et de deux-roues motorisés sans gêne, tout en veillant à ne pas se prendre la roue dans les rails de tram. Et pour cela il faut investir des moyens conséquents. Et pour cela, il faut faire des choix, ceux justement réclamés lors des derniers scrutins populaires. Tant qu’un enfant de 10 ans ne pourra pas se rendre seul en sécurité de la Place des Charmilles à celle des Eaux-Vives et de la Place de la Navigation à celle des Augustins, nous saurons nous faire entendre ! Cela commence tout de suite : nous prenons acte, ce dimanche 23 septembre, du large soutien de la classe politique et de la population du canton à l’inscription des réseaux cyclables dans la Constitution fédérale. Dès aujourd'hui, nous serons là pour aider ces partis à tenir parole !

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.